EXPOSITION Ⅴ

 若者が旅をするのには、物見遊山を別にすれば、それなりの理由が必要だ、
「若者の旅」としての私の旅にも、それなりの言い訳が必要だったのだろう。

 古い価値観を打破する20世紀のルネッサンス運動としての「パリ五月革命」は反ベトナム戦争、プラハの春事件として瞬く間に世界中に拡散していった。
 私が住んでいた極東の島国の日本でも、それは例外ではなかった。
日本で呼応したのは日本のエリートたち東京大学医学部精神科病棟、通称「赤煉瓦病棟」の医師や学生達からだった、しかし瞬く間に労働者、非エリートの学生を含めた学生運動として大衆的に広がって行く様は革命前夜を想像させるかのようだった。 
 しかし、多くの大衆運動が迎える結末がそうであるように、短い高揚期をへて、やがて圧倒的な暴力の前に沈静化し沈黙がはじまる。

 エリートたちの沈黙は注目される事はあっても、非エリートや労働者、大衆の沈黙には誰もが関心を持つ事はない。
 しかし、そんな群衆の一人であるだけの私でも、圧倒的な暴力に言葉を奪われ沈黙を強いられ傷ついた事実は変わらない。
 多くはそのまま沈黙しつづけ「団塊の世代」と呼ばれ、やっかいな終末を迎えようとしている。

 しかし、皆が言葉を奪われ沈黙を強いられる事に従順だった訳ではなく失われた言葉を取り戻すことを試みようとする者もいた、そうした若者達の多くが旅に出た、あるものは印度や中東や東南アジアにそして私の旅先はフランスでありアルジェリアであった。
 それは、ジャン・グルニエやカミーユの世界に、自らの奪われた言葉を探し復活させる事を願う旅だったのだろう。

 私は、ファインダーを凝視し言葉を探しつづけた、カミーユの「ペスト」や「異邦人」、グルニエの「地中海の瞑想」の風景の中に言葉を求め、ファインダーを凝視し続けた。


EXPOSITION Ⅴ

Un voyage de jeune homme

Le voyage.
Le voyage du jeune homme.
Un jeune homme, quelle quen soit la raison, part en voyage.

Mon voyage.
Mon voyage fut celui de ce jeune homme.
A ma façon, bien sûr, et avec mes raisons propres.

Mai 68. A Paris, les masses se soulèvent, mues par une irrépressible aspiration à renverser les valeurs traditionnelles - rien moins qu'une « Renaissance du XXe siècle »
Contestation contre la guerre du Viet, Printemps de Prague… : en cette année 1968, partout dans le monde, la révolte semble gagner la jeunesse comme une traînée de poudre.

Le Japon, où j'habite alors, ne fait pas exception. Dans mon pays insulaire de l'Orient extrême, où la protestation étudiante se fait entendre depuis plusieurs années déjà, ce sont les médecins et les étudiants du service de psychiatrie de la faculté de médecine de Tokyo, que l'on surnomme familièrement le « Pavillon rouge » , qui font jaillir l'étincelle.
Ce mouvement de contestation impulsé par des membres de l'élite japonaise va bientôt faire boule de neige, impliquant ouvriers et étudiants. En un clin d'œil, la radicalisation sétend ; le pays semble véritablement à la veille d'une révolution.

Mais très vite, l'exaltation retombe. Le soutien populaire deffrite. La violence, la normalisation sont à l'œuvre. Le silence peut commencer son travail de sape.

Même en gardant le silence, les élites savent fort bien se faire entendre du peuple. Mais qui prête loreille au silence des gens ordinaires ?

Moi qui étais de ces « gens ordinaires » , j'ai été comme les autres privé de parole, obligé de garder le silence. Et cela ma fait du mal.
Depuis, presque tous ont continué de se taire. Ces « enfants du baby boom » − synonymes pour les autres générations de « nuisance de la société » − réduits à la mutité sont à présent à l'automne de leur vie.

Mais tous ne se sont pas si docilement accommodés d'être contraints au silence.
Beaucoup ont tenté de recouvrer la parole perdue.
La plupart sont partis en voyage, qui en Inde, qui au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est.
Pour moi, ce fut la France et l'Algérie.
Il mapparaît que ce voyage fut une manière de périple au pays des mots, ceux de Jean Grenier et d'Albert Camus, une « contrée écrite » où rechercher mes propres paroles naguère interdites, empêchées, et tenter de reprendre un discours interrompu.
Je regarde en arrière ; ces mots, je n'ai pas cessé de les rechercher.
Ces mots, je n′eus de cesse de les débusquer, à Alger, à Oran, là où Camus avait campé La Peste et L'Etranger, et dans les Inspirations méditerranéennes de Grenier.

Depuis, presque quarante ans ont passé.